Sogyal Rinpoché, auteur du Livre Tibétain de la Vie et de la Mort, souligne que la mort nous apprend tout de la vie. « Accepter la mort, c’est accepter la vie ». Dans une société qui occulte la réalité de la mort et la fin de la vie, il n’est pas étonnant que nous fassions de même. C’est la dernière des choses à laquelle nous souhaitons penser. La mort n’arrive qu’aux autres. Et quand, courageusement, nous reconnaissons l'aspect éphémère de notre condition, nous prenons cela à la légère. Un grand maître bouddhiste, décédé il y a quelques années, disait : « On fait souvent l’erreur de prendre la mort avec légèreté et de penser que la mort arrive à tout le monde. Pourquoi en faire toute une affaire, c’est naturel, on verra bien.  C’est une belle théorie, jusqu’à ce qu'on en arrive au moment de la mort. »

La mort est une réalité. Nous allons tous mourir, mais nous ne savons ni quand ni comment. Intellectuellement, nous le comprenons, mais il est infiniment plus difficile pour nous de l'intégrer dnas notre vie et d'en faire une réalité. Ayant accompagné des amis et des patients en fin de vie pendant des années, je me surprends encore à penser : « si je meurs » au lieu de « quand je mourrai ». Le déni a la peau dure !

La mort, dans notre société actuelle, est presque toujours associée à la notion de perte et de désespoir. Dans des séminaires et des retraites consacrées à ce thème, j’ai souvent entendu dire que réfléchir à la mort était morbide, déprimant, douloureux et pouvait même hâter sa venue. Souvent, à notre grande surprise, nous constatons que c'est tout à fait le contraire : contempler la réalité de la mort peut être inspirant et même joyeux.

Mettre en lumière nos peurs et nos croyances, aussi irrationnelles soit-elles, est très utile. En prenant conscience de nos convictions, de nos croyances les plus profondes, nous allons lentement nous libérer de leur emprise et commencer à voir les choses telles qu'elles sont. Éviter de regarder notre condition éphémère et les peurs qui y sont liées, nous rend mal à l’aise et nous empêche d'avoir une relation authentique avec les autres, de vivre pleinement notre vie. L'acceptation de la mort ou la perte d'un être cher nous brise le cœur et nous plonge dans une grande tristesse. Mais ce cœur brisé peut s’ouvrir à l’incroyable beauté, à l’amour et à la richesse de tout ce qui nous entoure. Nous devenons présent, ouvert et conscient – pleinement éveillé.

Dans les enseignements bouddhistes, « La mort est un miroir dans lequel se reflète l’entière signification de la vie » dit Sogyal Rinpoché. « Si nous pouvons apprendre à faire face à la mort, nous aurons compris la leçon la plus importante de la vie, comment faire face à nous-mêmes et comment arriver à nous accepter dans le sens le plus profond du terme, en tant qu’êtres humains ». « L’impermanence, » écrit-il, « ressemble à certains individus que nous rencontrons dans la vie : de prime abord peu commodes et dérangeants, ils s’avèrent, au fur et à mesure que nous les connaissons mieux, bien plus aimables et moins irritants que nous ne l’aurions imaginé. »

La mort parle de la vie. Ceux qui sont en train de mourir, me l'ont appris tandis que j'étais assise à leurs côtés, la mort parle de la vie, elle parle de l'amour. Un amour libre de peur, d'attachement et d'attente. Une jeune femme, en train de mourir d’un cancer, décrit son expérience :

« Je n’aurai jamais choisi ce parcours. Mais je suis pleine de gratitude pour la clarté et l’immense liberté qu’il m’a apportée. Il est déchirant de s'apercevoir de quelle façon nous faisons obstacle à notre propre bonheur, simplement parce que nous croyons que la mort est une idée lointaine. Nous dépensons tant d'énergie à nous protéger, à nous défendre et nous ratons tant de choses de la vie lorsque nous occultons la réalité de la mort. À moins d'avoir la chance de nous éveiller enfin à cette vérité, nous vivons dans le refus de la seule chose qui, si nous l'acceptions, nous apporterait la vraie liberté. Pratiquez l’impermanence. Prenez à cœur la réalité de la mort. Laissez-la vous toucher. S'ouvrir et s'abandonner à notre condition de mortel et à notre vulnérabilité, c'est découvrir une source fondamentale et inconditionnelle de force et de confiance. »

N'attendons pas d'être en phase terminale pour accepter la mort et commencer à vivre pleinement notre vie. Alors qu'attendons-nous ???

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